Aider un enfant avec un TDAH dans la gestion de ses émotions

Les émotions chez les enfants ayant un TDAH

Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) a trois facettes, soit l’inattention, l’impulsivité et l’hyperactivité, selon le Manuel Diagnostique et Statistiques des troubles mentaux (APA, 2015). Ces trois facettes sont associées à une vulnérabilité accrue aux émotions chez les enfants. Par exemple, l’inattention est associée à une résistance moindre aux distractions internes (comme les pensées). Cela signifie que les enfants ayant un TDA/H sont propices à tomber dans la lune et à rester accrochés aux pensées pouvant déclencher différentes émotions. L’impulsivité et l’hyperactivité sont associées à des crises de colère ou de pleurs et des émotions intenses ou qui peuvent sembler disproportionnées pour la situation concernée (CADDAC, 2025).

Les réactions des enfants ayant un TDA/H semblent intenses, durent plus longtemps et peuvent être explosives (CADDAC, 2025). Ces émotions fortes se transfèrent à plusieurs situations sociales, comme au moment du jeu libre avec les pairs. Les enfants s’excitent davantage et leurs jeux peuvent devenir agressifs. Ce jeu excité mène parfois à des conflits avec les pairs et donc, à de la discipline des enseignants et des autres figures d’autorité. Au long terme, les comportements impulsifs et les réactions disproportionnées peuvent mener à l’exclusion de l’enfant de son groupe de pairs et à l’extrême, jusqu’à l’expulsion de l’école (CADDAC, 2025). Il est donc crucial d’offrir à l’enfant des outils pouvant l’aider à réguler ses émotions et ses comportements.

Mais comment ?

Les plus jeunes ont une capacité limitée à nommer et à reconnaître les émotions qu’ils ressentent. L’adulte peut alors accompagner l’enfant en permettant des conversations ouvertes et en validant les émotions de l’enfant. Ces diverses formulations de phrases en exemple peuvent encourager l’enfant à s’exprimer et à explorer ses états internes, comme : « Je comprends que tu te sentes fâché par la situation » ou « Je vois que tu te sens triste ».

Des questions précises et personnalisés l’aideront à explorer davantage ses états internes. Par exemple, en lui demandant « comment t’es-tu senti à ce moment ? » ou « pourquoi as-tu ressenti cela, selon toi ? », l’adulte permet à l’enfant de se questionner sur ses émotions, tout en étant encadré par une figure de confiance. Si les réactions de l’enfant ne sont pas acceptables pour la situation, il est pertinent de diriger l’enfant vers des réactions qui le sont, en lui montrant les bons comportements à adopter. L’enfant apprend ainsi à se réguler à travers les différents modèles de son entourage.

Outils qui peuvent l’aider à se réguler

Offrir à l’enfant l’opportunité de faire de l’activité physique permet à l’enfant de se dépenser, ce qui aide à la régulation émotionnelle (CADDAC, 2025). En effet, l’activité physique améliore la performance des fonctions cognitives comme l’attention et l’inhibition (le contrôle de soi). En améliorant ces fonctions, l’enfant peut développer un meilleur contrôle de ses émotions et des réactions qui en découlent.

Ensuite, des outils de visualisation sont développés pour accompagner l’enfant dans son quotidien. Des outils peuvent d’abord aider à développer leur intelligence émotionnelle, que ce soit par des roulettes d’émotions ou par des jauges de température, qui permettent à l’enfant de se situer en termes d’intensité d’émotions (Allo Prof, 2025). D’autres outils peuvent aider l’enfant à comprendre comment réagir lorsqu’il se sent envahi par une émotion ou une situation. Par exemple, des tableaux de visualisation où les étapes à suivre y sont décomposées offrent à l’enfant un rappel de la marche à suivre pour se calmer. L’enfant apprend à prendre un pas de recul, à respirer et à réfléchir. Le TDA/H étant associé à des difficultés d’impulsivité, ces étapes nécessitent un accompagnement plus profond et l’internalisation de ces étapes (où celles-ci deviennent presqu’automatiques) peut être laborieuse.

En conclusion, les enfants ayant un TDA/H ont des réactions qui sont intenses et qui durent plus longtemps, que ce soit pour des émotions positives ou négatives. Ces réactions peuvent avoir des conséquences sérieuses sur la vie sociale et académique de l’enfant. Il est donc important d’offrir un accompagnement de près à l’enfant pour assurer qu’il développe des stratégies d’auto-régulation.

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